Je me rappelle que dans mon enfance, dans les années 70, on jouait à la marelle jusqu’au CM2 et parfois même en 6e. On traçait les cases à la craie dans la cour de récré ou sur le trottoir, devant chez mes parents. Notre palet, c’était le plus souvent une boîte de cachou remplie de terre : pas besoin de plus pour s’amuser des après-midi entiers !
Dans l’école de mes filles, l’association de parents d’élèves avait tracé une marelle au sol, dans la cour de récré avec de la peinture spéciale, à la demande de la directrice. On s’est rendu compte que la transmission s’était perdue : les enfants ne savaient plus y jouer.
Alors, on a organisé un jeu de marelles parents et enseignants. Et les enfants ont alors recommencé à y jouer !
Qu’est-ce que la marelle et pourquoi les enfants l’adorent
La marelle, c’est un parcours de cases tracées au sol, que chaque joueur doit franchir à cloche-pied en poussant un palet d’une case à l’autre. Simple à comprendre, ce jeu demande pourtant de l’équilibre, de la concentration et un peu d’adresse pour viser juste.
Ils aiment aussi retrouver le plaisir de jouer ensemble, en extérieur. Ici, on oublie les écrans et les notices, on s’amuse avec juste une craie et un caillou. La règle se comprend en deux minutes, et chacun peut y jouer à son rythme, qu’il ait 5 ans ou 10 ans.
Le matériel pour jouer à la marelle au sol
Pour jouer à la marelle, il ne faut presque rien :
- une craie ou de la peinture pour bitume si on trace sur un sol définitif (cour d’école, allée de garage),
- un palet : un caillou plat, un bouchon, ou comme dans mon enfance, une petite boîte remplie de terre (bonbons, cirage). L’essentiel, c’est qu’il glisse facilement sans rebondir.
C’est tout ! Pas besoin de matériel coûteux.
Comment tracer et jouer à la marelle classique
Le tracé de la marelle au sol
La marelle traditionnelle se compose de dix cases numérotées de 1 à 10, dans cet ordre :
- la case 1, la case 2 et la case 3, l’une au-dessus de l’autre,
- les cases 4 et 5 côte à côte (cases doubles, pour poser les deux pieds),
- la case 6 seule,
- les cases 7 et 8 côte à côte (doubles),
- la case ciel, en haut, souvent dessinée en demi-cercle ou en rectangle.
On a parfois aussi une case 9 seule avant le ciel.
Les règles du jeu de la marelle
Le premier joueur lance son palet sur la case 1. Il saute par dessus la case avec le palet, va jusqu’au bout de la marelle et revient. Lorsqu’il arrive à la case qui contient le palet, il ramasse le palet avant de continuer.
Sur les cases doubles, le joueur pose ses deux pieds, un dans chaque case.
S’il réussit, au tour suivant, il lancera son palet sur la case 2, et ainsi de suite.
Si un joueur pose le pied sur une ligne, perd l’équilibre, ou rate sa case, il perd son tour et c’est au joueur suivant de jouer. Le premier qui a parcouru toutes les cases sans faute a gagné la partie.
Les variantes de la marelle à essayer
La marelle en escargot
Plutôt qu’un parcours en ligne, on trace une spirale qui s’enroule sur elle-même, comme un escargot avec des cases de 1 à 12. Le joueur saute à cloche-pied en poussant le palet de cases en case jusqu’au centre, puis revient. On peut ajouter une case reposoir au milieu dans la case 6 par exemple.
La marelle de 1 à 5
Quand j’étais enfant, je crois me rappeler qu’on appelait ça le carré. Des cases carrées de 1 à 5. Ensuite, on lance le palet dans une case. Et on saute sur un pied jusqu’à la case du carré, puis on pousse le carré avec son pied sur la fin du parcours et au retour.
La marelle des nombres
Pour les enfants qui apprennent à calculer, on peut transformer chaque case en petit défi : une addition, une soustraction, ou une table de multiplication à résoudre avant de sauter dessus. C’est une bonne façon de réviser les calculs tout en bougeant, plutôt que sur un cahier.
D’autres idées de parcours selon l’âge
Pour les plus grands, on peut complexifier le tracé avec des cases en biais, des cases « joker » qui font perdre un tour, ou une case finale plus éloignée qui demande un grand saut. Chaque famille invente ses propres règles, comme on l’a toujours fait dans les cours de récré !
Jouer à la marelle à l’intérieur un jour de pluie
Fabriquer une marelle avec du masking tape
Quand il pleut, on n’est pas obligés de renoncer au jeu. Avec un rouleau de masking tape, on trace les cases directement sur le sol du salon ou du couloir. Cela s’enlève facilement sans laisser de trace, et les enfants adorent participer au tracé.
Une marelle en tissu ou tapis amovible
Il existe aussi des tapis de marelle tout prêts, à dérouler et ranger en deux minutes. Pratique pour les petits appartements ou pour emporter en vacances chez les grands-parents.
Adapter les règles pour jouer dans le salon sans bruit
À l’intérieur, on évite de lancer le palet (au risque de casser un vase) : on le pose directement sur la case de départ. On peut aussi remplacer les sauts à pieds joints par des pas chassés plus discrets, pour ne pas réveiller le bébé qui fait sa sieste à l’étage du dessous !
Jeu de marelle à imprimer pour jouer avec les chiffres
Vous pouvez proposer aux enfants de maternelle, cette marelle à imprimer en PDF : on découpe les carrés avec les chiffres, on peut colorier les carrés et on les colle au bon endroit sur la marelle.

Les bienfaits de la marelle pour le développement de l’enfant
Sauter à cloche-pied, garder l’équilibre sur une case, viser juste avec son palet : la marelle travaille la motricité globale et la coordination œil-pied sans que l’enfant s’en rende compte. C’est un jeu complet, qui sollicite tout le corps.
Au-delà du physique, la marelle apprend aussi la patience : il faut attendre son tour, accepter de perdre quand on rate une case, et recommencer sans se décourager. Autant de petites leçons de gestion des émotions, glissées dans un jeu qui ne ressemble à rien d’autre qu’à un bon moment entre copains ou en famille.
Pour varier les plaisirs, vous pouvez aussi découvrir d’autres jeux de plein air à pratiquer au jardin ou au parc, piocher parmi des jeux sans matériel pour les jours où on a les mains vides, ou encore consulter nos idées d’activités de babysitting sans écran si vous gardez des enfants qui ne sont pas les vôtres.
Conclusion : La marelle nous a occupé des après-midi entiers quand on n’avait pas d’écran. Et si vous offriez ce plaisir gratuit à vos enfants ? Que ce soit dans la cour de récré, sur le trottoir devant la maison ou en version masking tape un jour de pluie, ce jeu simple reste l’un des meilleurs moyens de faire bouger les enfants et de les détourner des écrans.