Je n’imaginais pas parler à nouveau d’attentats avec mes enfants

paris paix jean jullien

Avant tout, je tiens à rendre hommage à toutes les victimes des attentats, à m’associer à la douleur de leurs proches, à soutenir les témoins marqués à jamais par ces images terribles, à remercier les forces de l’ordre pour leur travail et leur dévouement.

Je n’imaginais pas…

…être témoin indirect d’autant d’attentats dans ma vie, perpétrés en France, ou ailleurs, il y a quatre jours, trois ans, quatorze ans ou vingt ans, souvent sur des lieux que je connaissais intimement ou que je fréquentais,

…penser qu’un vendredi 13 puisse être mémorable,

…qu’on pouvait se procurer des kalachnikovs ou des explosifs aussi facilement en France,

…que certains puissent diffuser des images d’horreur pour faire le buzz,

…avoir à mettre à nouveau le mot “attentat” dans un article,

…devoir, moins d’un an après l’attentat de Charlie Hebdo, expliquer à mes enfants l’horreur, la tristesse, leur dire qu’il ne faut pas nier sa peine, mais qu’il ne faut pas tout mélanger, qu’il ne faut pas haïr pour autant, et qu’avant tout il faut continuer à vivre pour que les souvenirs heureux atténuent la douleur. Mais aussi  leur dire que des anonymes ont ouvert leur porte à des inconnus pour les abriter dans la tourmente, que le courage dont certains ont fait preuve pour sauver leur prochain me rassure sur l’espèce humaine, que les policiers sont là pour nous protéger, et que oui, passée cette période de deuil et de recueillement, nous continuerons à vivre normalement, à sortir dans Paris.

Comment parler des attentats aux enfants

Libre à vous de choisir de ne pas en parler à vos enfants, mais sachez que s’ils fréquentent des enfants qui ont des frères et sœurs aînés, ils en entendront parler. On oublie souvent que, comme nous, les enfants discutent entre eux de sujets d’actualité. J’ai pour ma part toujours préféré mettre mes propres mots sur les événements ou les émotions pour éviter que mes filles ne reçoivent un message déformé par l’imagination enfantine ou par une mauvaise compréhension.

Pour aider à parler de l’attentat avec les enfants petits ou grands, les magazines de presse enfantine ou junior proposent des numéros gratuits à télécharger.

  • Pomme d’Api pour les 3-7 ans
  • Playbac presse: Le Petit Quotidien (6-10 ans), Mon Quotidien (10-14 ans), L’actu (14-17 ans)
  • Astrapi pour les 7-11 ans
  • Journal des Enfants pour les 9-14 ans, (dossier spécial à paraître le 19 novembre)
  • Le P’tit Libé pour les plus de 10 ans
  • Arte Junior , une émission audiovisuelle de 14 mn pour les enfants de plus de 10 ans
  • Okapi pour expliquer ce qu’est l’extrémisme religieux aux 10-15 ans
  • Phosphore pour expliquer l’Etat Islamique aux lycéens
  • Les Cahiers Pédagogiques des dessins, des videos, des cahiers pédagogiques pour en parler aux enfants
  • Classe Tice, des ressources pédagogiques variées pour trouver les bons mots

J’ai trouvé que la solution choisie dans l’établissement de mes aînées était très belle; les élèves ont fait une immense chaîne de solidarité en se donnant la main dans tous les couloirs de l’établissement avant de faire silence.

 

PS: Si certains d’entre vous étaient tentés de mettre des commentaires haineux ci-dessous, soyez assurés qu’ils ne seront pas publiés donc économisez votre temps et le mien, allez déverser votre bile ailleurs.

 

 

pour tout panier supérieur ou égal à 5€

Jours
Heures
Minutes
Secondes