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Quand les blogueurs se plaignent de sexisme

Ce n’est pas tous les jours que j’écris ce type d’article, qui ne correspond pas au sujet de mon blog mais simplement à ce que je suis.

blogueur sexisme Hier sur un des réseaux sociaux dont je fais partie, j’ai pu voir des hommes se plaindre du sexisme affiché des blogueuses envers les blogueurs. Une jeune femme est en effet intervenue sur un groupe, en disant “salut les filles“, alors qu’il y avait des hommes. Et là que n’entend-on pas! Sacrilège, shame on you malheureuse!

Quand même je trouve, qu’on pousse le bouchon un peu loin. Après avoir fait preuve de sexisme affiché et assumé, pendant des décennies (je ne parle pas des siècles précédents!), voilà que ces messieurs sous prétexte qu’une blogueuse fait une maladresse se plaignent de sexisme! La plupart des blogs sont tenus par des femmes, et on entend, “c’est normal elles aiment parler pour ne rien dire”, “elles sont tellement bavardes…” Les blogs des hommes? Ah non, ce n’est pas pareil! Là, il y a de l’info, de l’analyse, on y parle de choses importantes… (Mais, bien sûr!!) mais non ça, ce n’est pas du sexisme.

Je fais maintenant partie du sexe représentant majoritairement la profession, puisque la plupart des blogs sont tenus par des femmes, mais cela n’a pas toujours été le cas. J’ai suivi une formation dans laquelle il y avait moins de 10% de femmes, et j’ai fait carrière dans un secteur encore plus masculin. Et là, je peux vous dire que le sexisme existe au quotidien, et que tous les jours à chaque réunion, il faut faire ses preuves, montrer qu’on n’est pas là pour des raisons – forcément – douteuses mais bien parce qu’on est compétente.

En étant jeune, c’était pire bien sûr. J’ai entendu à mon sujet, “Tiens, tu les prends au berceau maintenant?” avec un rire graveleux, venant d’un éminent chercheur. Combien de fois, m’a-t-on pris pour la secrétaire de Monsieur Chasseautresor… Et quand je faisais des interventions en conférence, devant des assemblées essentiellement masculines, j’avais parfois droit pendant les premières minutes à des ricanements, et à des questions déstabilisantes visant uniquement à vérifier que je connaissais mon sujet, ce qui n’arrivait pas à mes confrères masculins. Vous me direz que ça forge le caractère, et c’est vrai. Au fil du temps, j’ai développé une certaine résistance à ce genre de réflexions, et une technique éprouvée pour désamorcer en quelques réparties bien senties ce genre de remarques.
Ensuite bien sûr, cela s’est calmé, le pourcentage de femmes a augmenté et mon nom a commencé à être connu. Mais, lorsque notre équipe a été sélectionnée par un grand groupe, le jour de la signature du contrat, le PDG de ce groupe m’a pris forcément  pour la femme d’un de mes collaborateurs!

frog-296971_640 Que dire quand j’ai eu des enfants? L’incompréhension, le mépris auquel on doit parfois faire face, est difficile à transcrire. Évidemment, en théorie, on peut tout faire: carrière, avoir des enfants… , ou plutôt dans toute entreprise, sauf celle dans laquelle on travaille! On m’a expliqué qu’on ne pouvait pas tout faire en prenant cet exemple, tout à fait comparable (!): “Moi aussi, j’aimerais aller à la pêche et travailler en même temps, et bien je ne le fais pas”….

Et ne pensez pas que je sois née au siècle dernier, j’ai 45 ans, ce qui n’est plus très jeune mais pas très vieux non plus!

Et je ne parle pas des professions où les femmes qui subissent tous les jours un sexisme bien plus intrusif sans pouvoir réagir sous peine de perdre leur emploi.

Voilà messieurs les blogueurs, ce qu’est le sexisme ordinaire dont vous vous dites victimes, parce qu’une blogueuse a clamé ce “Salut, les filles!”. Ce n’est pas une raison, je suis d’accord, mais ne galvaudons pas les termes!

Pour me faire pardonner ce hors-sujet, le prochain article vous expliquera comment faire un coffre aux trésors.