Parler de la mort et du deuil aux enfants [livre]

Parler de la mort et du deuil aux enfants [livre]

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Aujourd’hui, pour ce rendez-vous « Chut, les enfants lisent » de devine qui vient bloguer, j’ai choisi de vous parler de « Marie, la mort dans l’âme », une BD qui traite d’un sujet difficile, peu abordé dans les livres: le deuil.

Un sujet qu’on évite d’aborder avec les enfants de façon spontanée…sauf lorsque nous y sommes contraints par la réalité de la vie. On est alors souvent démuni ne sachant comment aider nos enfants à surmonter leur tristesse et faire leur deuil alors que nous avons souvent du mal nous-mêmes à faire face à notre propre souffrance.

Découverte

Le livre « Marie, la mort dans l’âme » est une BD de la même collection que « Max fait le poids« , édité par TuttiKids, écrit par Christine d’Erceville et illustré par Cécile Guinement, et préfacé par Yves Duteil. On y retrouve Outch, le petit cafard qui avait aidé Max à surmonter son problème de surpoids. Cette fois-ci, Outch va aider Marie à faire face à la mort de sa petite sœur Luce, disparue dans un accident.

deuil mort enfant

Marie a perdu le goût de la vie, et s’enferme dans son chagrin. Un jour, Outch surgit et tente de rétablir le contact avec Marie, au péril de sa vie d’ailleurs car Marie n’a plus envie d’avoir d’amis. Elle ne peut plus être heureuse et s’en refuse le droit. Outch va accompagner Marie sur le chemin de son deuil, entre larmes, colère et culpabilité.

Parler de la mort aux enfants n’est pas chose facile… On retrouve le format de Max fait le poids: une BD colorée, toute douce, et subtile, suivie de la post-face de l’éditeur sur le chemin du deuil: qu’est-ce que le deuil, comment célèbre-t-on le souvenir des êtres chers à travers le monde, les différentes croyances sur le mystère d’après la mort, et enfin des pistes pour soutenir les personnes qui souffrent de la perte d’un être cher.

Poser des mots sur les maux, permettre aux enfants de mieux comprendre ce que signifie la mort, les aider à traverser cette période douloureuse, tout en transmettant la flamme de l’espoir…tels sont les enjeux de la BD Marie la mort dans l’âme, qui fait aussi la part belle à l’humour et à la poésie.
Quand j’ai découvert ce livre, je ne connaissais pas l’auteur, ni le contexte dans lequel il fut écrit. J’ai été frappée par la grande sensibilité du texte, la compréhension des sentiments contradictoires ressentis par Marie et la capacité à les exprimer simplement en respectant la douleur de Marie.
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Et ensuite, j’ai compris… Christine d’Erceville, scénariste de Marie la mort dans l’âme, connaît intimement ces sentiments: elle-même a été confrontée à la souffrance extrême  de la perte violente de ses parents, ses frères et ses sœurs, dont sa sœur jumelle, lors d’un accident de voiture dont elle fut également victime et survivante.

Ce que j’ai particulièrement aimé

A la lecture de ce petit livre, je suis restée un moment silencieuse, avec une boule dans la gorge et des larmes dans les yeux…
  • Le format BD

C’est un format un peu inattendu sur un sujet grave. Mais justement, je trouve que les dessins, les bulles, nous font entrer dans la vie de Marie, et nous font partager ses émotions.
  • Des pages d’analyse simples

Après la BD, l’éditrice Myriam Rembaut propose des pistes pour aller plus loin: pourquoi meurt-on? comment honore-t-on les morts autour du monde? quels sont les différents rituels, les croyances?

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  • La délicatesse et l’espoir

On est tous un jour confrontés au deuil et je pense aussi que nous sommes moins préparés qu’avant à y faire face. Ce livre est vraiment très bien écrit, bien pensé, tout en délicatesse; il aide à la réflexion et au soutien, sans apporter toutefois apporter de réponses, à chacun de trouver sa voie selon sa sensibilité et sa personnalité.
Le livre montre à l’enfant qu’il a encore le droit de continuer à vivre et d’être heureux même après la mort d’un proche, mais que le chemin est long et ne peut être parcouru seul.
  • Un accompagnement lors d’une mort « inattendue »

On trouve surtout des livres qui aident à accompagner lors de la perte d’une personne âgée, grand-parent, arrière-grand-parent, comme l’excellent classique « Au revoir Blaireau » de Susan Varley.  Peu de livres traitent de la perte d’un proche, parent ou frère, sœur.
Le livre ne propose pas de solution toute faite; il aide, il accompagne et soutient. J’ai apprécié que ce livre parle de la perte d’une personne très proche, et ne fasse pas une allégorie, sur la perte d’un animal, ou d’un doudou.
  • A qui s’adresse ce livre?

C’est un livre qui s’adresse aux enfants dès 8 ans en lecture accompagnée et seul pour les plus grands jusque 12 ans, ou même plus.

Évidemment, parler de la mort aux enfants n’est pas un sujet léger. Il faut donc choisir le moment où vous serez vous-même préparé à recevoir et écouter la parole de votre enfant.
Si vous souhaitez acquérir ce livre, je vous invite à visiter la boutique Tutti Kids.

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 Auriez-vous des livres à conseiller pour parler de la mort aux enfants?

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2 Responses

  1. Merci pour cette lecture qui sera, malheureusement, forcément utile un jour.

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